Des racines dans la capitale aux archives de Grateful Dead : David Lemieux nous parle de la course, de la musique et du marathon qui l’a ramené chez lui

Pour de nombreux coureurs, la Fin de semaine des courses Tamarack d’Ottawa est une chance d’atteindre un objectif personnel ou de vivre l’expérience d’un des événements les plus populaires au pays. Pour David Lemieux, l’archiviste des Grateful Dead, était extrêmement heureux de revenir dans la ville où son histoire a commencé.

Originaire d’Ottawa, la vie a amené David aux quatre coins du continent grâce à la musique, à l’archivage et à la production. Dernièrement, il s’est aussi découvert une passion pour les courses d’endurance. Il a notamment participé au Marathon international d’Ottawa Tartan de 2025, au cours duquel les rues de sa ville natale sont devenues des éléments d’une journée tout simplement mémorable.

Grandir à Ottawa et faire carrière dans le monde de la musique

Les racines de David sont bien ancrées dans la capitale nationale : elles ont façonné son enfance et son cheminement dans l’histoire musicale.

« J’ai grandi à l’est d’Ottawa. J’ai fréquenté la Manor Park Public School, la Queen Elizabeth Middle School, le Lisgar Collegiate Institute et la Rideau High School. Par la suite, j’ai obtenu mon premier diplôme de l’Université Carleton, puis j’ai quitté Ottawa en 1995, à 24 ans, pour m’installer à Montréal, puis en Angleterre, en Californie et enfin à Victoria en 2006.

J’ai commencé à travailler pour le groupe Grateful Dead en février 1999 après avoir terminé ma maîtrise en archivage sur film. J’ai été leur archiviste et leur producteur depuis et leur gestionnaire de patrimoine depuis 2010. Cet emploi apporte un lot de tâches différentes chaque jour : produire des albums, approuver des éléments graphiques d’un de nos nombreux licenciés, faire mon émission de radio quotidienne sur Sirius XM ou voyager pour des événements.

Ottawa a été un merveilleux endroit pour grandir. C’était la ville parfaite pour moi. Entre 1987 et 1993, soit pendant mon adolescence et ma jeune vingtaine, j’ai dû voir au moins 100 représentations des Grateful Dead. Ottawa était un lieu de prédilection pour voir des spectacles. Et je n’ai jamais hésité à voyager pour les voir : New York, Chicago, Oregon, Californie, Paris ou Londres. Si le groupe se produisait sur scène, je trouvais moyen de me rendre au spectacle.

Découvrir la course tardivement

La course n’a pas toujours fait partie de la vie de David. En réalité, elle est arrivée de façon imprévue, mais elle est rapidement devenue un élément transformateur.

« J’ai 55 ans et j’ai commencé à courir il y a environ 4 ans. Je n’avais donc jamais couru avant 2021, même pas autour du bloc. J’ai toujours été en bonne santé puisque je suis végétarien depuis 1993 et je faisais beaucoup de randonnée, mais la course n’avait jamais été une priorité pour moi. À force de côtoyer ma bonne amie qui est une athlète de haut niveau (une ancienne nageuse de calibre nationale) et à la lumière de mon désir d’être plus en forme pour ma fille (maintenant âgée de 16 ans), j’étais motivé à faire un essai. Et il semblerait que la course m’aime!

Après avoir participé à mon premier 10K, j’étais accro. En mai 2022, grâce à mon entraîneur qui m’a avoué que j’étais en meilleure forme qu’il ne le pensait, j’ai fait un demi-marathon à Victoria. Et là, je suis devenu VRAIMENT accro à la course. Quelques jours plus tard, je me suis fracturé un orteil et d’autres os du pied. Le rétablissement a été long et pénible. J’étais déterminé à ne pas tenir ma santé pour acquise, et dès que je me suis remis sur pied (littéralement!), j’ai participé à un autre demi-marathon, à Canmore, en Alberta. C’était en septembre 2022. C’est ce qu’il me fallait pour me donner le courage de faire un marathon. En mai 2023, j’ai participé à celui de Toronto. C’était la chose la plus dure physiquement que j’avais faite de ma vie. Mais encore une fois, j’étais accro. Je me suis consacré sérieusement à l’entraînement. 

De plus, le fait d’être devenu végan dans la même période a été un atout incroyable dans mon cheminement. J’avais beaucoup d’énergie et de force, et ma récupération était rapide, même après un marathon. Jusqu’à présent, j’ai participé à 8 marathons et 19 demi-marathons. J’ai d’ailleurs participé à deux marathons qui font partie des World Majors, soit à New York en 2024 et à Londres en 2025. Globalement, je parcours environ 2 300 kilomètres annuellement et j’essaie de courir au moins 200 jours par année.

Je ne réfléchis pas beaucoup à ce qui me rend fier dans la vie, que ce soit au travail, dans les études ou dans d’autres domaines, mais je suis modestement fier de mon parcours des dernières années. À chaque ligne d’arrivée d’un marathon, j’ai versé quelques larmes de joie et de fierté. »

Courir à son propre rythme

Comme sa vie professionnelle évolue autour du son, la relation de David avec la musique est intentionnelle et réfléchie.

« D’habitude, je cours sans musique puisque j’utilise ce temps pour faire une pause de mon travail, qui implique d’en écouter constamment. Je passe la majeure partie d’une séance de course à penser au travail, à planifier des productions, à préparer des projets de futurs albums et à organiser ma journée dans ma tête (je cours le matin). Il m’arrive parfois, lorsque je travaille sur la sortie d’un album issu d’un des spectacles des Grateful Dead, j’écoute ce concert en boucle dans mes écouteurs afin de me nourrir de leur énergie et de vivre l’expérience dans un autre lieu que mon studio et mon bureau. 

Ma liste de lecture passe de Taylor Swift au pop rock de la fin des années 70 au début des années 80 (comme The Clash, David Bowie, The Police, Duran Duran, U2, etc). Je suis ouvert aux suggestions des autres coureurs! Je n’écoute jamais de musique pendant les épreuves officielles. J’aime mieux être vigilant et discuter avec les autres coureurs qui ont la même cadence que moi pendant quelques centaines de mètres. »

Participer au Marathon international d’Ottawa Tartan

Faire un marathon est toujours un bel objectif. Participer à un marathon dans sa ville natale est une autre histoire.

« J’ai participé au Marathon international d’Ottawa Tartan de 2025 un mois après celui de Londres. C’était spectaculaire! J’ai pris une dizaine de jours de congé après Londres puis j’ai fait quelques séances de 10K et 15K juste avant Ottawa. C’était irréel de penser que j’allais faire un marathon dans la ville où j’avais grandi. Croyez-moi lorsque je dis que je n’aurais jamais cru que je participerais au Marathon d’Ottawa un jour! 

Nous avons logé au centre-ville, près de la ligne de départ, et ma bonne amie a fait le demi-marathon. Lorsque l’épreuve a commencé, j’ai couru sur la rue Elgin jusqu’à Wellington, le long de la promenade près des plaines LeBreton, sur le pont en direction de Hull, à travers Gatineau, de retour en Ontario en traversant un autre pont jusqu’à Sussex, puis Rockcliffe jusqu’à Hogsback près de l’Université Carleton, et enfin la dernière ligne droite sur la promenade. J’étais en émerveillement à chaque pas. C’était tout simplement irréel. 

J’ai passé à côté de plusieurs endroits qui m’ont rappelé mon enfance : l’édifice Lester-B.-Pearson où mon père a travaillé de 1973 à 1985, Rideau Hall où mon père a travaillé de 1985 jusqu’à sa retraite, l’Université Carleton, les appartements de ma mère sur Colonel-By et la promenade. Je n’ai pas ralenti une fois et j’ai souri du début à la fin. J’ai croisé mon amie Caroline près du kilomètre 38, et mon frère par la suite. Le fait de les voir m’a donné l’énergie nécessaire pour terminer les quatre derniers kilomètres à un bon rythme. J’ai terminé en manquant mon record personnel de peu, mais c’était pour une bonne cause : le parcours était si beau que j’ai pris le temps d’en profiter.

Le parcours à Ottawa est parfait. Relativement plat et un décor à couper le souffle. Même si je suis originaire d’Ottawa, j’ai couru dans des secteurs de la ville que je ne connaissais pas beaucoup. J’étais impressionné de voir à quel point Ottawa est magnifique. J’ai fait huit différents marathons à ce jour, et Ottawa était mon préféré. En plus, j’ai pu passer du temps avec ma famille. »

Les prochains objectifs

Fort de sa participation à plusieurs marathons, David est toujours enthousiaste face à ses prochains défis.

« J’ai plusieurs objectifs, tant à court qu’à long terme. Tant que j’ai la santé pour le faire, je prévois participer à trois ou quatre marathons, à six demi-marathons et à parcourir 2 400 km chaque année. À ce rythme, j’espère arriver à mon 25e marathon lorsque j’aurai 60 ans en 2030. Ça peut sembler ambitieux, mais plus je cours, plus je suis motivé. 

J’aime encore faire des demi-marathons puisque ce sont de bons entraînements en vue des marathons. Ce sont aussi de beaux accomplissements en soi. À court terme, j’ai une séance d’entraînement de 21,1 km après la rédaction de cet article, puis la saison des courses printanières commencera en février en Colombie-Britannique. Je suis reconnaissant de vivre sur la côte ouest, où la météo est presque toujours idéale pour courir. Il y a un peu de pluie en hiver, mais la température reste douce. Pour ce qui est de l’été, comme je cours le matin, la chaleur n’est jamais un problème. »

De son enfance à Ottawa à la préservation de l’héritage musical d’un des groupes les plus iconiques au monde, David a eu un cheminement fort intéressant, qui l’a ramené dans les rues de sa ville natale en tant que marathonien. Son expérience dépeint parfaitement ce qui rend la Fin de semaine des courses Tamarack d’Ottawa si spéciale : la chance de repousser vos limites, établir des liens grâce à la solidarité et le sentiment d’appartenance ainsi que la création de moments qui resteront gravés dans votre mémoire même après avoir franchi la ligne d’arrivée. Les inscriptions pour la Fin de semaine des courses Tamarack d’Ottawa de 2026 sont maintenant ouvertes!