Assurer la sécurité au-delà du refuge : la Maison Intervalle d’Ottawa célèbre ses 50 ans et accroît son soutien aux victimes

Pour Lindsay Blair, la course a toujours été un moyen de faire le vide.

« C’est ma façon d’évacuer le stress », dit-elle. « Mon esprit s’évade dans le moment. Je le fais pour tous les bienfaits que ce sport m’apporte. »

Cette année, toutefois, elle s’entraîne avec une motivation supplémentaire.

En tant que directrice générale de 2B Developments et gestionnaire de projet pour une nouvelle initiative de logement à la Maison Intervalle d’Ottawa, Lindsay se prépare pour la Fin de semaine des courses Tamarack d’Ottawa de 2026 non seulement pour courir, mais aussi pour recueillir des fonds afin de soutenir des personnes survivantes de la violence fondée sur le genre.

Créée en 1976 en tant que premier refuge d’Ottawa destiné aux femmes et aux enfants qui fuient la violence, la Maison Intervalle est maintenant le plus ancien et le plus grand refuge d’urgence de la ville pour les personnes survivantes de la violence fondée sur le genre. Aujourd’hui, l’organisme gère un refuge d’urgence de 30 places destiné aux femmes, aux personnes de diverses identités de genre, et à leurs enfants, et demeure le seul refuge de la région à accepter les animaux de compagnie sur place; un aspect important pour de nombreuses personnes survivantes qui quittent un foyer dangereux.

À l’occasion de son 50e anniversaire, l’organisme s’apprête à entamer une nouvelle étape marquante.

Cet été, la Maison Intervalle inaugurera un complexe de logements de deuxième étape, avec 10 logements à occupation prolongée. Il sera destiné aux personnes survivantes et à leurs enfants qui quittent le centre d’hébergement d’urgence. Conçu en partenariat avec 2B Developments, ce bâtiment permettra aux familles à la fois de passer d’un hébergement d’urgence à un logement stable et de continuer à bénéficier d’un accompagnement pour reconstruire leur vie.

Pour Lindsay, le fait d’avoir contribué à la réalisation de ce projet lui a permis de mieux comprendre les bienfaits du travail de l’organisme.

« Les services et les logements offerts par la Maison Intervalle sont essentiels, et l’équipe met tout son cœur et son dévouement à l’œuvre », dit-elle. « Nous tenons absolument à faire tout notre possible pour soutenir cette initiative. »

Un système à pleine capacité

Cette expansion se déroule dans un contexte où la demande de services est en hausse dans toute la ville.

La Maison Intervalle reçoit en moyenne 12 appels par jour de la part de personnes et de leurs proches qui cherchent un refuge d’urgence pour fuir des situations de violence, et beaucoup de ces personnes ne peuvent pas être accueillies en raison du manque de place. L’année dernière seulement, la ligne d’écoute de l’organisme a répondu à plus de 2 000 appels.

« C’est déchirant de devoir dire à une personne qui demande de l’aide qu’il n’y a plus de place dans notre refuge, mais c’est une réalité quotidienne », déclare Keri Lewis, directrice générale de la Maison Intervalle d’Ottawa.

La pénurie de logements et les difficultés financières demeurent des défis majeurs pour les personnes survivantes qui souhaitent quitter en toute sécurité une situation de violence. Ces défis compliquent également la recherche d’un logement stable pour celles qui vivent dans des refuges. Par conséquent, la durée des séjours dans les centres d’hébergement se prolonge, ce qui réduit le nombre de places disponibles pour les personnes qui attendent toujours de l’aide.

« Le manque de places dans les refuges signifie que les personnes en situation de violence se sentent souvent piégées », explique Keri. « Sans aide financière suffisante ni solutions de logement, beaucoup trop de personnes survivantes se sentent contraintes de rester dans des situations dangereuses. »

Courir pour gagner en visibilité : ce que les gens ne voient pas toujours

Pour Lindsay, une des réalités les plus difficiles à accepter est à quel point ce besoin peut passer inaperçu.

« Les données dont nous disposons ne reflètent qu’une infime partie de la réalité », dit-elle. « Les obstacles à quitter un foyer sont considérables et difficiles à surmonter lorsque les services d’accompagnement ne sont pas disponibles ou sont à pleine capacité. »

C’est notamment ce qui fait de la Fin de semaine des courses Tamarack d’Ottawa une plateforme si importante pour l’organisme.

Au-delà de la collecte de fonds, cet événement est l’occasion de sensibiliser le public à une cause à laquelle beaucoup de gens ne sont pas directement confrontés au quotidien.

« Cette année marque le 50e anniversaire de la Maison Intervalle », souligne Keri. « Notre histoire nous remplit de fierté, mais nous savons aussi très bien pourquoi nous existons encore. »

Lindsay se joindra à Keri et à l’équipe de la Maison Intervalle lors de la Fin de semaine des courses Tamarack d’Ottawa, dans le cadre de la campagne de collecte de fonds de l’organisme.

« C’est vraiment un honneur d’être les gestionnaires de ce projet et d’avoir la confiance de leur équipe pour contribuer à donner vie à leur plus récente initiative », déclare-t-elle. « Au fil du temps, nous avons trouvé d’autres moyens de contribuer à la communauté, mais c’est la Fin de semaine des courses qui me passionne le plus. C’est notre façon de montrer à la Maison Intervalle à quel point notre collaboration avec l’organisme compte pour nous, et à quel point il est important de poursuivre notre travail. »

Façons d’offrir votre soutien

Selon Keri, le soutien de la communauté reste essentiel alors que la Maison Intervalle se tourne vers les 50 prochaines années.

« Nous aimerions que davantage de gens prennent conscience de l’ampleur de cette violence et sachent comment venir en aide à une personne qui semble être victime d’abus », déclare-t-elle. « Plus les gens pourront reconnaître les comportements malsains ou violents dans une relation, et sauront où trouver de l’aide, plus nos communautés seront sécuritaires. »

Vous pouvez soutenir Maison Intervalle d’Ottawa de diverses façons :

« Avec chaque don, vous contribuez aux 50 ans de soutien communautaire et nous permettez de continuer à accompagner des personnes survivantes », explique Keri.