Six personnages que vous pourriez croiser à Ottawa lorsque vous courez

Un guide plein d’humour pour survivre aux sentiers multifonctionnels sans perdre la tête (ni le rythme).

Par Bethany Dietz

Le soleil brille, la glace qui recouvre le canal Rideau scintille, et je suis sortie pour ce qui devrait être une belle course. Cependant, courir s’avère plus difficile que prévu, car le sentier que j’ai emprunté près du canal est bondé de gens! Demandez à n’importe quel coureur d’Ottawa et je suis certaine qu’il vous dira : courir par beau temps, c’est devoir composer avec la foule. C’est un mal nécessaire. Ironiquement, ce qu’il y a de mieux dans le fait de courir à Ottawa peut aussi être ce qu’il y a de plus intimidant : les nombreux kilomètres de magnifiques sentiers remplis de piétons.

Les règles à respecter sur les sentiers sont simples : rester à droite, dépasser par la gauche, ne pas marcher à plus de deux personnes côte à côte et donner un avertissement sonore lorsque l’on dépasse quelqu’un à vélo. Elles semblent faciles à suivre, mais par une belle journée ensoleillée, quelle que soit la saison, cela peut s’avérer difficile. Si vous êtes un coureur, je suis prête à parier que vous avez déjà vécu cette situation et que vous vous êtes déjà retrouvé à ma place. Cependant, ces sentiers sont destinés à être partagés et utilisés par tout le monde. La population active d’Ottawa est en fait l’un des aspects que je préfère dans la vie dans la capitale nationale.

Alors, au lieu de m’énerver, j’en fais un jeu et je classe les personnes que je croise par catégories. Que vous couriez sur le pittoresque pont Alexandra ou que vous fouliez le bitume de la promenade Aviation, je parie que vous avez déjà croisé ces personnages. 

1. Le touriste – Attention! Vous pouvez vous attendre à les croiser près de chaque monument, attraction ou endroit un tant soit peu « cool » sur votre itinéraire de course. Ils veulent naturellement TOUT voir, ce qui peut les distraire de ce qui les entoure. Soyez particulièrement vigilant près du marché By, où les touristes ont l’habitude de se dépêcher a aller déguster une ou deux queues de castor. Criez bien fort « À votre gauche! » avant de les dépasser. Vous marquerez des points supplémentaires si vous le dites aussi en français, leur offrant ainsi une véritable expérience de la capitale nationale.

2. Le cycliste du Tour de France – Vêtu de sa plus belle tenue de cyclisme (c’est-à-dire très voyante), on devine tout de suite qu’il s’apprête à faire une boucle dans le parc de la Gatineau… voire sept. Restez à droite de la piste, laissez-le passer et appréciez le cliquetis satisfaisant des roues de sa bicyclette lorsqu’il vous dépasse.

3. L’influenceur – Le signe le plus évident pour le reconnaître? Des vêtements parfaitement agencés et des chaussures de course trop neuves et impeccables pour avoir parcouru beaucoup de kilomètres. Mais bon, qui n’aime pas une nouvelle tenue de course? Un tournage ou un « selfie » peut survenir à tout moment, alors vous devez rester vigilant si vous voulez éviter d’apparaître accidentellement en arrière-plan. Les lunettes de soleil sont un excellent moyen de cacher votre visage en cas d’apparition involontaire.

4. Le grand groupe de course – Comme la plupart des clubs de course, il a commencé modestement avant de prendre rapidement de l’ampleur. Ses membres se déplacent en groupe et se reconnaissent généralement à leurs shorts fluo, leurs tatouages et leur enthousiasme. Le plus simple est peut-être de rester sur le côté et de les laisser passer. Vous pouvez même les encourager (ou vous joindre à eux)! 

5. « Est-ce que je connais cette personne? » – J’ai été à la fois surprise et impressionnée par la gentillesse des autres coureurs à Ottawa. Si vous croisez le regard de quelqu’un au moment où il passe, même brièvement, vous recevrez très certainement en retour un sourire, un signe de la main ou un signe de paix en signe d’encouragement. Il m’a fallu plusieurs mois de course pour comprendre que non, je ne connais pas cette personne : elle ne fait que s’intégrer joyeusement à sa communauté de coureurs.

6. La bernache du Canada – Sans conteste l’animal le plus dangereux du Canada. Elles se déplacent en volées et cherchent constamment la bagarre. Quelle que soit la saison, pas de répit. On dit qu’elles migrent vers le sud pour l’hiver, mais les bernaches d’Ottawa semblent s’être adaptées pour rester dans la capitale pendant la saison froide, dans le seul but de terroriser les coureurs. Et je ne vous parle même pas des bernaches au printemps, quand il vaut sans doute mieux mettre à jour son testament avant même d’essayer de courir près d’elles et de leurs petits. S’il y a un côté positif à tout ça, c’est que personne ne battra son record personnel comme quelqu’un poursuivi par une bernache. Bon vent!

Alors, la prochaine fois que vous lacerez vos espadrilles et que vous vous lancerez sur les sentiers, ne voyez pas ça comme une simple course. C’est plutôt un parcours d’obstacles! Les sentiers d’Ottawa mettront peut-être vos talents d’orientation à l’épreuve, mais le partage de la route, c’est une chose avec laquelle nous devons tous composer. Et si vous parvenez à esquiver un touriste ou à distancer une bernache, alors vous serez définitivement devenu une véritable légende locale.