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Numéro: Mars 2014

Entrevue

Mars 2014

Entrevue : Wesley Korir, champion du Marathon de Boston en 2012

Wesley Korir est l’un des athlètes les plus fascinants du monde de la course de marathon. Le Kényan de 31 ans est soudainement apparu sur la scène du marathon en 2008, alors qu’il est entré au Marathon de Chicago comme coureur ordinaire, qu’il est parti cinq minutes après le parterre professionnel, pour aller gagner en quatrième place dans l’ensemble. Il a ensuite réalisé un chapelet de victoires au Marathon de L.A. avant de remporter le Marathon de Boston en 2012. Mais la course de marathon n’est qu’une partie de l’histoire de Korir. Il est également député au parlement du Kenya et cofondateur, avec sa femme, la Canadienne Tarah McKay-Korir, de la Kenyan Kids Foundation.

En mai prochain, Korir fera ses débuts au marathon canadien au Marathon d’Ottawa Banque Scotia. Nous lui avons parlé depuis New-York la veille de sa course du demi-marathon de N.-Y.


Korir remportant la victoire au Marathon de Boston [Photo: Victah Sailer]

Pour commencer, pouvez-vous nous dire pourquoi vous avez choisi de courir à Ottawa ce printemps ? Pourquoi Ottawa pour vos débuts au marathon canadien ?

Vous savez que j’aime le Canada. Le Canada est mon second chez-moi. J’adore m’entraîner ici ; ces deux dernières années, j’ai eu l’occasion de m’entraîner au Canada. Et j’adore vraiment ça.

Je suis venu à Ottawa il y a deux ans pour courir le 10K et j’ai adoré l’atmosphère. Quand j’ai été à Ottawa pour le 10K, j’étais là avec ma femme, ma belle-mère, et ma femme a couru le 10K aussi, et c’était amusant. Particulièrement comme activité de famille, ce fut formidable. Nous avons pu partager ça avec tous les membres de ma famille au Canada.

C’est pour ça que l’occasion s’est présentée ; j’avais beaucoup d’autres options, mais j’ai décidé de venir à Ottawa.

Vous avez eu de nombreux points forts dans votre carrière de course, y compris celui de remporter le Marathon de Boston. Quoi d’autre aimeriez-vous accomplir avec votre course ?

Avec un second job maintenant, celui d’être député au parlement, j’aimerais être le premier politicien à remporter un marathon.

Également, la course est maintenant plutôt devenue pour moi un outil qui me permet de collecter de l’argent et d’aider les gens. Ce n’est pas comme ça que c’étais dans le passé. Dans le passé, c’était plutôt pour gagner de l’argent, comme une sorte de revenu. Maintenant, c’est de courir pour aider ma fondation et de courir pour aider les indigents de la société.

Est-ce aussi pourquoi vous vous êtes impliqué en politique ?

Je pense que j’ai toujours su que le leadership était ma vocation et que la course était mon talent. J’ai voulu me servir des deux pour aider les gens. Ce qui a été important pour moi dans ma vie, c’est de redonner à la communauté et d’aider les moins fortunés, comme j’étais quand j’ai grandi. J’ai donc décidé que, pour aider davantage les gens, j’avais besoin de me mettre au leadership. Je pense que, pour que le Kenya et l’Afrique changent, nous avons besoin de leaders qui sont désintéressés, des leaders qui se préoccupent des gens et des leaders qui ne sont pas intéressés à eux-mêmes.

Comment équilibrez-vous cette responsabilité, ainsi que votre vie de famille et votre travail caritatif, avec les exigences que vous impose la course ?

Je pense que la chose la plus importante est d’être discipliné. Parfois c’est très exigeant. Mais je dis toujours que le meilleur leader est celui qui sait déléguer des tâches aux bonnes personnes au bon moment. Un bon leader n’est pas quelqu’un qui fait tout lui-même. Alors, j’essaie de déléguer [aux gens qui travaillent pour moi] et de leur donner l’occasion de devenir eux-mêmes des leaders. Et ma femme m’a beaucoup soutenu avec la fondation.

Et on a dû installer un tapis roulant plus rapide dans le gymnase du parlement ?

Oui, parce que, au Parlement, les tapis roulant sont utilisés par des politiciens vieux et gros pour essayer de perdre du poids. Pas pour s’entraîner pour un marathon. Alors, la première fois que j’y suis allé, ça allait à 20 km/heure, mais je voulais que ça aille plus vite parce que je faisais des milles à répétition. Ils ont dû faire venir un technicien qui pouvait réparer l’appareil pour qu’il puisse faire du 25.

Ça a été amusant. Chaque fois que je vais là, j’attire l’attention du monde. Ils ne peuvent pas croire que quelqu’un puisse courir si vite, particulièrement sur une distance de marathon.

Vous avez aussi un garde du corps qui s’entraîne avec vous ?

Oui, et il fait du 2:06. Il est bon. Mais cette fois-ci, j’ai peu m’entraîner davantage par moi-même. Parce que j’adore le faire seul. . . c’est un de mes moments où je peux sortir et juste m’amuser, et réfléchir et me détendre pour fuir la folie de ces activités quotidiennes.

Pouvez-vous nous parler davantage de la Kenyan Kids Foundation ?

La Kenyan Kids Foundation est une fondation que j’ai lancé avec ma femme il y a environ 5 ans. Je suis né dans une famille pauvre et un prêtre de chez nous a payé pour mes études et c’est ainsi que j’ai pu graduer de l’école secondaire. Et je regarde toujours mon passé et je pense que si ce prêtre n’avait jamais donné de son temps et de son argent pour me donner cette occasion, je n’aurais jamais pu graduer de l’école secondaire et venir en Amérique.

Présentement, nous contribuons à l’éducation d’environ 200 étudiants en payant leur frais de scolarité. Les premiers étudiants ont gradué de l’école secondaire cette année. Donc une cinquantaine d’étudiants qui n’auraient jamais eu la chance de terminer l’école secondaire sont maintenant gradués et capables d’aller à l’université et au collège et, vous savez, d’avoir une vie.

Et maintenant vous mettez sur pied un volet canadien de la fondation ?

Je ne veux pas que les enfants pensent que je suis le seul à les aider, mais plutôt que ce sont leurs familles qui sont les héros. Et c’est pourquoi nous avons maintenant la Kenyan Kids Foundation Canada, qui vise principalement à habiliter les familles part le travail de la ferme.

Vous accordez un prêt aux fermiers et vous leur donnez l’occasion d’apprendre les méthodes modernes et puis vous les aidez ; fournissez-leur des réfrigérateurs pour que, après la traite, ils aient un endroit où entreposer le lait et une coopérative où ils peuvent le vendre ensemble et faire un profit.

Nous espérons que les Canadiens vont nous aider. Ce pourrait être en achetant une vache. Si les fermiers canadiens ont des réfrigérateurs qu’ils peuvent donner, nous les prendrons. Et si quelqu’un veut nous faire des dons, cela nous sera très utile.

Quelles sont les clés d’une belle performance au marathon ? Comment savez-vous que vous êtes dans une bonne course ?

La clé du marathon, c’est l’entraînement. Le plus important pour moi, c’est la course de longueur. Si vous pouvez bien faire des courses de longueur, vous savez que votre course sera bonne.

Quand vous pouvez vous détendre et vous débarrasser des premiers kilomètres sans vous en ressentir, alors vous savez que ça va bien marcher. Si vous ne vous détendez pas et que vous commencez à compter les kilomètres dans la première partie de la course, vous savez alors que ça va en être une longue.

Approchez-vous chaque course avec une stratégie différente ?

J’ai essayé toutes sortes de stratégies, mais je crois que celle qui fonctionne pour moi, c’est de sortir et de compétitionner. Vous savez, tout le monde survit à la fin. Vous vous poussez du mieux que vous pouvez et puis vous pouvez survire jusqu’à la ligne d’arrivée.

Mon entraîneur me dit de régler l’appareil et puis de le laisser rouler. Ça fait que c’est ce que je vais faire en arrivant à Ottawa. Si vous avez des marqueurs de cadence pour vous régler ça à 62 [minutes], alors vous pouvez laisser ça aller. Toutes les courses que j’ai bien courues sont celles où ils règlent ça en 61 ou 62 pour la première moitié, ce qui fait que, dans la deuxième partie, vous avez le temps de pouvoir courir un bon chrono. Et c’est donc ce que je me souhaite à Ottawa . . . et je prie pour qu’il fasse chaud.

Merci beaucoup, Wesley. Nous sommes très heureux que vous ayez choisi le Marathon d’Ottawa Banque Scotia pour courir votre premier marathon canadien et contents de vous accueillir de nouveau à Ottawa en mai !

Courez Ottawa projettera Transcend, un nouveau documentaire mettant en vedette Wesley Korir à l’Expo Sports Santé de cette année. Vous pourrez vous renseigner davantage sur la façon d’appuyer la Kenyan Kids Foundation lors des visionnements. Les heures de projection seront annoncées ici quand nous nous approcherons de la fin de semaine.

 

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